2013

 

 

 

Louignac - La Reynie

2013

Moyen Age

Julie DUPONCHEL

  

En 1992, le site de « La Reynie », sur la commune de Louignac, a été signalé au SRA Limousin par J.-L. Couchard. Le potentiel archéologique du site a été rapidement décelé et une première étude a été réalisée (Couchard, 2004).

En 2013, la Communauté de Communes du Pays de l’Yssandonnais ayant acquis la parcelle, une nouvelle étude est envisagée par le Pays d’art et d’histoire Vézère Ardoise, en collaboration avec le SRA, la Communauté de Communes et la commune de Louignac.

Les sondages, réalisés entre juin et octobre 2013, ont permis de dégager cinq cuves creusées dans le substrat (grès), un sarcophage extrait mais brisé et un fragment de cuve. Dans le sondage 1 (fig. 1), des blocs de grès sont isolés les uns des autres par des failles naturelles et/ou anthropiques. De nombreuses traces d’outils (linéaires, punctiformes et carrées) ont été rele­vées sur les cuves et les blocs de grès. Certaines de ces traces pourraient résulter d’une volonté d’extrac-tion des cuves. C’est notamment le cas sur la cuve C7, dont deux parois latérales ont été partiellement taillées (fig. 2).

Ces éléments laissent envisager deux hypothèses, au moins, quant à la nature du site : celle de la carrière de sarcophages, la plus plausible à ce jour, et celle d’un cimetière à tombes rupestres qui ne doit pas être totalement écartée. Enfin, il faut envisager la possibi­lité que les deux fonctions aient été présentes, de manière concomitante ou non.

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 Fig. 1 : sondage 1, vue générale depuis l’ouest. Au premier plan, la cuve C3. Cl. J. Duponchel  Fig. 2 : sondage 4, la cuve C7 après dégagement, vue depuis le nord. Cl. J. Duponchel

Les recherches n’ont livré aucun mobilier permettant de dater le site. La typologie des cuves permet de propo­ser une première fourchette chronologique entre le VIeet le VIIe s. Cette chronologie se base néanmoins sur un corpus faible et demande donc à être confirmée.

Aucune carrière de ce type n’ayant été recensée à ce jour en Limousin, les perspectives de recherches qu’ouvre ce site sont donc des plus intéressantes.

Couchard, 2004 : J.-L. Couchard : Les sarcophages de la Reynie Haute, commune de Louignac (19). Bull. de la Société Scientifique, Historique et Archéologique de la Corrèze, vol. 126, 2004, p. 19-32.

 

2013

 

 

 

 

Les Cars - Le château

2013

Moderne

Patrice CONTE

 

 La démolition des bâtiments accolés à l’ouest du pavillon sud du château des Cars, démarche intégrée au projet de mise en valeur du centre-bourg porté par la com­mune, a mis au jour l’élévation ouest de cette construc­tion flanquant le boulevard entourant le château des Cars au début de l’époque moderne1. C’est dans le cadre de l’élaboration du projet d’aménagement qu’il a été effec­tué un relevé de cette façade jusqu’à aujourd’hui invisi­ble car masquée par le bâtiment situé sur la parcelle 101 (voir traces de celui-ci sur la photo). La cohérence scien­tifique qui participe à ce type d’opération voulait que le strict relevé de l’élévation de la façade ouest s’inscrive dans un cadre plus large ; de fait, une étude globale du pavillon, intégrant les relevés en plan de ses différents niveaux et d’autres relevés complémentaires et obser­vations ont été réalisés au cours de l’opération menée par une équipe de l’association ArchéA.

De plan sensiblement carré (7 x 6,40 m) l’édifice com­porte trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage et un second étage sous comble. Le premier niveau a subi des modifications au cours du temps. Initialement une porte s’ouvrait vers le nord, côté château, et deux baies à traverse et meneau s’ouvraient côtés sud et est. Ultérieurement (XVIIIe s. ?) un four domestique a été construit dans l’angle nord-ouest de la pièce entraî­nant la condamnation de la porte initiale et la création d’un nouvel accès aménagé à partir de la baie du mur est. Cette phase de modifications a également concerné l’escalier droit en bois d’accès à l’étage qui a été déplacé. À l’étage, les aménagements intérieurs sont réduits à une baie à simple traverse et une cheminée ouvragée en granite. Enfin, le dernier niveau porte en couronnement un mâchicoulis sur trois de ses côtés, seul celui donnant sur le corps de place du château en est dépourvu.

Le relevé de l’élévation du mur ouest a permis de faire de nouvelles observations sur l’organisation du bâti­ment (fig. 1). Un arrachement, situé à l’angle nord-ouest, marque le contact avec le mur de clôture du boulevard qui devait également intégrer le portail d’en-trée au château. Quatre consoles en encorbellement sont engagées en biais à l’angle des deux murs, ves­tige d’une disposition ancienne (support d’une circu­lation le long du mur de courtine ?) disparue lors de la construction du mâchicoulis (fig. 2). Ce dernier est bâti suivant le même principe que sur les deux autres faces : huit séries de trois consoles supportent le muret du parapet. Son rang inférieur est formé de blocs de granite quadrangulaires moulurés en partie supérieure (larmier) et décorés d’un motif central de cercle en relief entouré de séries de trois triangles et d’une dou­ble accolade en partie inférieure. À notre connaissance ce décor est propre au pavillon sud et ne se retrouve en aucun autre endroit du château. Le parapet construit en maçonnerie de lames de schiste/gneiss intègre une ouverture de tir inédite à perthuis circulaire équipé d’un guidon.

 

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Fig. 1 : coupe du mâchicoulis et de son parapet (b) ; détail des parties inférieures (a). DAO P. Conte

 

L’ensemble du dispositif semble cependant avoir une valeur défensive extrêmement faible en l’état, la lar­geur très réduite à l’arrière du parapet (entre 0,50 et 0,60 m) empêchant tout positionnement en arme. Des observations antérieures menées sur le château ayant démontré le caractère factice de certaines ouvertures de tir, il est probable que ce soit également le cas pour ce pavillon.

On notera enfin qu’un ancien revêtement d’enduit ocre et épais a été repéré entre certaines consoles, il devait recouvrir les maçonneries d’origine, à l’exclusion des parties ouvragées en granite.

 

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Fig. 2 : façade ouest du pavillon, après démolition des bâti­ments qui le masquaient. La bâche protège l’arrachement du mur perpendiculaire du portail d’accès aux boulevards du château. On note que, dans l’ensemble, le système du mâchicoulis décoré a été préservé (cl. P. Conte)

 

Cet édifice, dont la construction est à situer dans la seconde moitié du XVIe s., probablement au moment des guerres de Religion, trouve peu de comparaisons régionales, ce qui lui confère tout son intérêt. Seul le pavillon flanquant l’entrée de l’abbaye de Brantôme dans le nord du Périgord peut être évoqué ici comme édifice de référence ainsi que le second pavillon conservé sur le site du château des Cars, à l’angle opposé du boulevard. Son étude sera également menée au cours de l’année 2013-2014.

1 Remy Chr. et al. 1993 : Le château des Cars (Haute-Vienne). L’archéothèque, les cahiers d’ArchéA n°1, Limoges, 47p. ; Conte P., Hollemaert B., Rémy Ch. (ArchéA) – 2006 – Le château des Cars (Haute-Vienne), résidence et pouvoir. Actes du colloque «Résidences du pouvoir et pouvoirs de la résidence, travaux archéologiques récents entre Loire et Pyrénées du Xeau XVIe s. » , Pau, Oct. 2002. Archéologie du Midi Médiéval, supplément 4, p.433-439.