![]() | 1995 | Vicq-sur-Breuilh |
| | Le Vieux-Château | |
Renaissance et Moderne | Christian REMY |
| Le château de Vicq apparaît dans les sources au début du XVIe s. Il est alors un fief des Salignac, relevant d'abord de la châtellenie de Magnac, puis directement de l'évêque de Limoges, comme juridiction démembrée. Ce logis flanqué de deux fortes tours rondes à l'ouest, établi sur une légère crête, doit sa renommée - toute relative - à une belle cage d'escalier et aux vestiges de la galerie qui font du monument l'un des jalons essentiels de la pénétration de l’art de la première Renaissance en Limousin. Les sondages effectués en 1995, parallèlement à d'importants travaux d'aménagement menés par les propriétaires, avaient pour objectif de repérer d'éventuelles structures antérieures au château du début du XVle s., et surtout d'apporter des compléments archéologiques à une étude monumentale et historique en cours (seule synthèse existante : L. Breuilh, "Château de Vicq", Bull. Soc. Archéo. et Hist.du Limousin, t. LXII, 1912, p. 5-18). L'opération a porté sur deux secteurs : la terrasse occidentale et la tour N.O.
Ce substrat est recouvert d'une ancienne et fine couche d'humus stérile de mobilier. Puis, un horizon de fragments de gneiss semble attester de travaux d'extraction (cave du logis et lancement du chantier au début du XVle s. ?). Un horizon organique, contenant un peu de mobilier XVIIe s., nappe cette couche, toujours selon le même pendage. Enfin, un fort remblai comportant des fragments de calcaire, de briques, d'ardoises correspond à la création de la terrasse. La partie supérieure de la stratigraphie a été très perturbée par des travaux de terrassement et l'utilisation de cet espace comme jardin potager. C'est pourquoi, le contact entre la tranchée et les fondations du mur ouest du logis s'avère quasi inexistant. On notera cependant l'absence de cavée de fondation : la maçonnerie (largeur 1,50 m) a été assise sur un amoncellement de cailloux à peine liés. On précisera qu'à l'ouest, pour des raisons de sécurité, la tranchée n'a pu être réalisée jusqu'au mur de soutènement. En définitive, la stratigraphie observée n'infirme nullement les données historiques : aucune trace d'occupation médiévale n'a pu être repérée.
Des remblais d'effondrement encombraient l'intérieur de la tour. Cette pièce carrée (7,50 m) contenait des matériaux de construction sur 2 à 3 m de puissance : éléments lapidaires dont plusieurs pierres sculptées (de cheminées, de fenêtres, corbeaux d'étage), ardoises, briques, mortier décomposé. On a pu établir que la tour comportait quatre niveaux habitables dotés de cheminées. Un pavage de grosses pierres, manifestement tardif (XVIIIe s. ?) en constitue le sol. Une pellicule de terre noire, correspondant à un niveau d'occupation de peu antérieur à l'abandon du secteur, a pu être identifiée. Nappant légèrement le pavage, elle contenait des fragments de mobilier du XVIIIe s. La fouille du cloaque (2,90 x 0,90 m) a fourni un abondant matériel datable du XVIIIe s. (étude en cours P. Conte). On évoquera la présence de fragments de sceaux, de bouteilles, de faïences, d'un étui à pistolet de selle et de cadavres d'animaux (étude en cours C. Vallet). Des matériaux divers complétaient le comblement de cette fosse de latrine (bois, matériaux de construction). Le substrat en constitue le fond. Nettement incliné vers le Nord, il permettait l'écoulement dans le fossé des matières fécales lors de son utilisation. Le comblement massif fouillé cette année semble traduire une désaffection de la latrine en tant que telle au XVIIIe s. A cet effet, la bouche d'écoulement du cloaque avait été condamnée. La difficulté est de déterminer si le comblement est lié aux événements révolutionnaires ou s'il leur est antérieur. On sait qu'un arrêté est pris en 1793 pour faire déraser les tours du château. Les travaux de réaménagement du château se poursuivant, il est probable que le même type d'opération soit à reconduire pour la tour Sud.
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