Le site Néolithique et médiéval de  Pierre-Blanche (Dournazac, Haute-Vienne)

Résultats des sondages

Par Patrice CONTE et Michel DESGRANGES

avec les contributions de François GAUTHIER et Christian VALLET

Extrait du

Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin
Tome CXXI, 1993.

 

La fouille de Pierre-Blanche s’inscrit dans le cadre d’une recherche menée sur le thème des habitats ruraux médiévaux et l’occupation du sol dans le S.-O. de la Haute-Vienne et le N. du Périgord1, en portant en particulier sur les sites définis par la présence d’un souterrain, type de site relativement fréquent dans la région considérée2. Cette opération a été menée conjointement à celle réalisée sur le site de Chadalais, commune de Maisonnais-sur-Tardoire (Haute-Vienne) entre 1983 et 19853.

Ces fouilles font suite au sauvetage du site d’habitat de Beaulieu, dans la proche commune de Pensol, site où un ensemble formé d’une cavité souterraine médiévale et de structures d’habitat de surface médiévales et modernes a été étudié4.

Situation.

Le site archéologique de Pierre-Blanche se développe sur le flanc S.-O. d’une colline à proximité des hameaux de Pierre-Blanche et Bussière-Montbrun (Dournazac), au cœur de la région des « Monts de Châlus »5 (fig. 1 et 2). Connue par la tradition orale dès le XIXe siècle la cavité de Pierre-Blanche était réputée être formée d’un réseau de plusieurs salles reliées par des galeries, la dernière salle comportant un « lavoir »6. Avant fouille la présence du souterrain était attestée par une vaste dépression au sol d’environ 3 m de profondeur et de côté. Aucun autre vestige n’était, repérable avant fouille autour de cette fosse. Géologiquement, le site est inscrit dans une zone à substrat métamorphique de contact orthogneiss – paragneiss – micaschiste. Le souterrain est creusé dans un orthogneiss (leptynites) très altéré et riche en quartz blanc7.

Fig. 1 - Le site de Pierre-Blanche, commune de Dournazac, carte de situation.


Fig. 2 - Le site de Pierre-Blanche - 1 : site néolithique et médiéval de Pierre-Blanche. 2 : cavité médièvale de : "La Bussière-Montbrun". 3 : site gallo-romain des "Couvents" (villa). 4 : site gallo-romain du "Grand-Puyconnieux" (fanum?).

 
Stratégie de fouille.

L’expérience acquise précédemment sur le site de Beaulieu encourageait à mener un examen conjoint des structures souterraines et de la surface. S’inscrivant dans le cadre d’un simple sondage de superficie limitée il convenait d’opérer un choix des zones à fouiller (fig. 3 et 4). On a donc orienté l’intervention autour de cinq secteurs : trois d’entre eux portent sur la cavité (secteurs 1 à 3), deux concernent la surface (secteurs 4 et 5)8. L’absence d’anomalies de terrain ou de vestiges matériels de surface ne permettant pas d’implanter les secteurs de surface en fonction de critères directement archéologiques, on a utilisé les données acquises lors de prospections géophysiques pour pallier ce manque d’information9. Concernant, la cavité, aucun réseau n’étant perceptible avant travaux, c’est, par la fouille du secteur englobant la dépression visible en surface que l’on a pu accéder au souterrain. Un sondage a été effectué au contact du renforcement F de la galerie E (secteur 2) et à l’extrémité de cette galerie (secteur 3). Un ultime sondage a été envisagé dans l’une des deux salles (J ou K) mais l’état particulièrement instable de la voûte et des parois nous a amené, pour d’évidentes raisons de sécurité, à abandonner ce projet.


Fig. 3 - Prospections - carré : emplacement du site (fouille) ; parcelles hachurées : parcelles prospectées ayant livré un matériel lithique ; parcelles hachurées (hachures croisées) : parcelles prospectées (labour) n'ayant pas livré de matériel lithique.

 

Fig. 4 - Plan général du site et emplacement des zones fouillées. Les flèches indiquent la position des stratigraphies (fig. 6).

 

Fig. 5 - Plan de la cavité de Pierre-Blanche. - a : emplacement des secteurs souterrains fouillés ; b : limites de parois (conservées) ; c : limites de parois (altérées) ; d : décrochement ; e : blocage de pierres ; f : zones remblayées ; g : pendage des remblais.


La description de l’architecture de la cavité sera réduite à la présentation des parties hors-comblement, c’est-à-dire des seules élévations visibles, sauf dans le cas où la fouille a permis le dégagement complet de la structure. L’interprétation des faits archéologiques enregistrés en cours de fouille devra en tenir compte.