Les Barton de Montbas se disent originaires d'Écosse. L'un d'entre eux se serait établi dans la Marche vers 12606. Les papiers de famille ont brûlé en 1544 mais la filiation a été établie au XVllle siècle. Peu nous importe ici. La documentation disponible nous signale un certain Roland, écuyer, seigneur de Montbas, paroisse de Gajoubert (Haute-Vienne), en 1351. Sa descendance affiche une propension à l'exercice de charges administratives, d'abord comtales, puis royales. On notera que sur trois générations, l'héritier des titres de famille suit une formation de juriste. Les autres garçons sont placés à des postes ecclésiastiques importants. Le XVe siècle correspond indéniablement à une période d'enrichissement et d'ascension sociale pour les Barton de Montbas.
Entre 1380 et 1420, Jean Barton, licencié ès lois, est pourvu de plusieurs offices au sein de l'administration comtale. Entre 1437 et 1455, comme secrétaire du comte Jean de Bourbon et son Chancelier de la Marche et du Dauphiné, il réside principalement dans son hôtel urbain de Guéret. Il cumule d'ailleurs ces charges comtales avec celles de lieutenant général de la Basse-Marche, de garde scel du roi en le bailliage de Limoges, de conseiller du roi et de premier président du parlement de Bordeaux7. L'un de ses frères ou oncles, Pierre, est gardien du sceau comtaI en 13928. On précisera que la longévité de Jean Barton, attesté de 1380 à 1455, cache peut-être un père et son fils. La terre de Loubignac fait alors partie des possessions familiales.
La carrière assez brillante de ce Jean, à la fois comme officier comtal et royal, permet à sa progéniture de s'affirmer au sein de la haute noblesse : Pierre, chevalier, vicomte de Montbas, seigneur de Loubignac, est également licencié en lois, conseiller et chambellan du roi, son valet de chambre, lieutenant général et chancelier de la Marche, sénéchal du Dorat. En 1486, le comte de la Marche le pensionne à hauteur de 100 £t. Il épouse la fille du premier président du parlement de Paris en 1444, et meurt en 1491. Parmi ses frères, Jean devient évêque de Limoges (1457-1484) et archevêque de Nazareth (? 1497), Etienne abbé de Conques, Pierre abbé du Dorat, et Jacques protonotaire du pape9.
A la génération suivante, Bernard, également licencié ès lois, vicomte de Montbas, seigneur de Loubignac, garde et chancelier de la Marche, épouse en premières noces une petite-fille de Jacques C?ur, puis en secondes Marie de Sully. L'un de ses frères, Jean, devient évêque de Limoges (1484-1510), succédant ainsi à son oncle10.
Le musée de l'Évêché, à Limoges, conserve une statuette de la Vierge aux pieds de laquelle figure un évêque agenouillé. Ses armes sont celles des Barton de Montbas : « D'azur au cerf d'or, onglé et ramé de même, au chef échiqueté d'or et de gueules de trois traits ». Un élément lapidaire, également aux armes des Barton, est aussi conservé dans le même musée.