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Saint-Jean-Ligoure - Châlucet, La Boussonie

2012

Protohistoire

Patrice Wuscher

 

 

Le projet d’extension du parking du château de Châlucet, édifice classé monument historique, a motivé la réalisation d’un diagnostic archéologi­que de 4 770 m2. L’emprise est située en fond de vallée, au niveau de la confluence entre la Briance et un petit vallon très pentu, dont la partie cen­trale est occupée par une zone humide. Elle se trouve à près de 300 m des vestiges médiévaux et à environ 200 m du site Bronze final IIIb et pre­mier âge du Fer. L’accès de ce dernier à la rivière pouvait passer à travers le vallon investi par le diagnostic.

Les sondages ont permis de mettre en évidence une stratigraphie de plus de 3 m d’épaisseur. Le mètre inférieur est constitué de dépôts de pente limono-sableux, légèrement caillouteux, attribués au Pléistocène. Ces dépôts sont recoupés par un réseau de polygones (cellule de 0,5 à 1 m de large) bien exprimé, vraisemblablement liés à une phase de développement du pergélisol, sans doute durant le dernier cycle glaciaire. Ils sont coiffés par deux horizons humifères, attribuables à la première partie de l’Holocène, ce qui est assez rare en Bas-Limousin. Un niveau archéologique a été mis en évidence sur cet ensemble et est attribué, malgré le faible nombre de fossiles direc­teurs, au second âge du Fer. Enfin, 1 m de collu­vions sablo-limoneuses fossilisent l’ensemble. Dans l’axe même du vallon, la séquence est plus massive et marquée par un engorgement perma­nent en eau (sédiments gleyifiés). A sa base, vers 3 m de profondeur, ont été mis en évidence plu­sieurs fragments de bois coupés et travaillés.

Le niveau archéologique découvert au sommet des deux horizons humifères et attribué avec réserve au second âge du Fer est composé de pierres, de tuiles, de scories et de quelques frag­ments de céramiques. Les pierres sont aména­gées selon deux alignements, interprétées comme des solins ou des bases de murs très arasés. À une trentaine de mètres en amont, un fossé très arasé, dont une partie du tracé a été gommée par l’érosion, pourrait faire partie de cet ensemble. Les scories recueillies témoignent de la proximité d’une forge d’un certain standing (forge d’épuration ?).

Si cette opération ne révolutionne pas les connais­sances régionales sur la Protohistoire, elle a per­mis de mettre en évidence un type d’occupation jusqu’à présent peu reconnu en Limousin. Surtout, ces vestiges sont compris dans une séquence stratigraphique dilatée, qui enrichit le corpus des archives environnementales pléistocènes et début holocène du Bas-Limousin. Ce type de stratigra­phie, sans doute présent dans d’autres vallons du secteur, offre par ailleurs d’excellentes condi­tions de conservation des vestiges archéologi­ques (bois, sols d’occupation...).