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Saint-Jean-Ligoure - Pont sur la Ligoure

2011

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

La réalisation de deux fosses de part et d’autre de la rivière Ligoure afin d’aménager une passerelle piétonne destinée à joindre le site du castrum de Châlucet (c. de Saint-Jean-Ligoure) au domaine arboré du château de Ligoure (c. du Vigen) a été précédée par deux sondages à l’emplacement de chacune des futures culées (travaux du Conseil Général de la Haute-Vienne).

L’emplacement de cet aménagement n’est pas ano­din du point de vue archéologique. Il se situe en effet presque à l’extrémité nord de l’éperon de confluence des rivières Briance et Ligoure qui porte le site des castrum de Châlucet, à quelques mètres seulement d’un massif de maçonnerie appuyé sur la berge rive droite de la Ligoure correspondant à la culée d’un pont de bois disparu qui reliait ancienne­ment le site de Châlucet à l’abbaye de Solignac via le Vigen. Enfin, en contrebas de ce franchissement se trouve un gué, parallèle à l’ancienne passerelle. C’est donc juste en amont, à quelques mètres de ces deux vestiges qu’est prévu le projet actuel.

 

Le sondage rive droite (côté Châlucet)

Ce premier sondage a été pratiqué entre la maçon­nerie conservée et un affleurement rocheux, en rebord du talus bordant le chemin creux aboutis­sant au gué. Le sol géologique a été atteint à envi­ron 1,80 m de profondeur en moyenne. Aucun vestige structuré n’a été découvert. En revanche, on note la forte puissance du niveau de recouvre­ment dans ce secteur, constitué d’une masse de sable brun/jaune dépourvu de toute pierre, à l’exception d’un amas non structuré situé à mi-hauteur du remplissage et de quelques lentilles de sable. Cette importante couche provient d’un épisode de crue important ayant entraîné un dépôt massif d’alluvions charriés par la Ligoure. Les éléments datant manquent pour préciser le moment de ce dépôt, les rares tessons de céramique découverts dans plusieurs niveaux du remplissage suggèrent toute­fois une datation médiévale ou de l’époque Moderne.

 

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Vue depuis le sud-est. Au premier plan : le sondage 1 (S.45), on note l’épaisse couche limono-sableuse qui recouvre la berge. En haut, à droite : la pile maçonnée de l’ancienne passerelle, franchissant la Ligoure. Le gué est visible sur la gauche.

 

Le sondage rive gauche (côté domaine de Ligoure)

Ce sondage réalisé dans le prolongement du gué livre une stratigraphie différente. Sous une couche de dépôt sableux moins épaisse que sur la rive oppo­sée apparaît un niveau d’environ 0,40 m constitué majoritairement de pierres, l’ensemble présentant un fort pendage vers la rivière. Cette couche, qui repose également sur un niveau de sable, corres­pond à un apport volontaire destiné probablement à stabiliser l’extrémité du chemin au contact du passage à gué dans une zone soumise à de fré­quentes remontées du niveau de la rivière. Les élé­ments de tuiles et quelques fragments de verre découverts au sein de cette couche indiquent un aménagement réalisé à l’époque Moderne.

L’opération a également permis de documenter la pile de maçonnerie construite en limite de la rive droite. Conservée sur 2,5 m de haut, cette construc­tion de plan quadrangulaire a été bâtie suivant la même technique que la plupart des bâtiments médiévaux du castrum : emploi massif de blocs de tout-venant de gneiss disposés en lits irréguliers liés par un mortier de terre.

Enfin, le dégagement de la végétation sur la rive opposée a permis de repérer et de cartographier la base de la culée correspondante dont il ne reste en revanche que deux rangs incomplets d’une maçon­nerie qui paraît également de plan quadrangulaire.

Le bilan de l’intervention s’avère donc positif : d’une part, elle complète les données concernant les franchissements anciens des deux rivières au niveau du site médiéval de Châlucet précédem­ment documentés lors des fouilles programmées 1999/2005 par la découverte alors inédite d’un second pont, cette fois-ci construit avec des piles à avant-bec, sur la Briance à hauteur de l’actuelle maison d’accueil (cf. BSR 2003, p. 57). D’autre part, elle témoigne de l’importance des épisodes de crue associés au bassin versant de La Ligoure, même s’il n’est pas encore possible de les dater précisément. Ce dernier point devrait constituer l’un des objectifs de futures recherches destinées à préciser l’évolution de l’environnement des sites médiévaux et protohistoriques de Châlucet. Enfin, on gardera présent à l’esprit que le constat du fort recouvrement d’alluvions observé en rive droite semble concerner toute la zone de la confluence entre Briance et Ligoure, de fait, il ne serait pas impossible que cette partie du site, aujourd’hui sans vestiges apparents, ne conserve des structures archéologiques fossilisées, ce que suggéraient déjà les prospections géophysiques menées dans le cadre de la fouille programmée.