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Soudaine -lavinadière - Prieuré de Lavinadière

2005

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

 

Les recherches engagées sur le site de l’église et du prieuré de Lavinadière se sont traduites sur le terrain en 2005 par une troisième campagne de fouille pro­grammée. Cette nouvelle opération a permis de poursuivre l’exploration de l’ensemble des vestiges reconnus jusqu’ici (voir BSR 2003 et 2004) et d’étendre raisonnablement le décapage en s’éloignant à la fois de l’église et des structures identifiées lors des opérations précédentes.

Malgré une intense entreprise de récupération de matériaux après l’abandon du site que l’archéologie et les sources écrite situent vers le milieu du XVIIe s., il est acquis que d’importants restes archéologiques sont encore conservés et ce pour deux grandes phases chronologiques que l’on peut distinguer actuellement entre le Moyen Âge et le début de l’époque moderne.

L’état le plus récent correspond à une phase d’importants travaux de réorganisation fonctionnelle et architecturale qu’il est vraisemblable de situer à la fin du Moyen Âge (circa fin XVe). A l’image de bon nombre de petites résidences aristocratiques laïques, le prieuré adopte un nouveau plan reposant sur un ensemble de bâtiments disposés en « L » autour d’une cour également délimitée par la façade septen­trionale de l’église. Ce corps de logis à étage inclut quelques aménagements dont la fonction est plus symbolique que réellement défensive (tourelle d’angle, fossé), domestique (four) ou architecturale (cage d’escalier en demi hors œuvre sur façade). Il est probable que cette réorganisation complète du prieuré corresponde au moment de l’absorption des biens de l’ordre du Saint-Sépulcre par celui des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (c.1489), période qui verra donc la transformation du prieuré en commanderie : le changement de statut de ce petit établissement reli­gieux se traduirait donc par de notables modifications de son architecture et de son organisation.errés de type marmite, cas plutôt inédit régionalement d’un probable système de conservation. Enfin, les premières traces significatives de l’existence d’un atelier métallurgique ont été découvertes en deux zones extérieures, à proximité d’un bâtiment : scories, fragments de parois de four et couche de battitures ont ainsi été repérés. La fouille de ce secteur sera développée lors des pro­chaines campagnes et fera l’objet d’une étude paléométallurgique spécifique.

 

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Trompe d’appel en céramique (XIVe - XVe s.).

 

La phase la plus ancienne repérée jusqu’ici sur le site apparaît encore de manière discontinue sous les constructions de l’extrême fin du Moyen-Âge et du début de l’époque moderne, il n’est donc pas encore possible de proposer un plan global de ces vestiges, d’autant qu’ils sont en grande partie fossilisés par ceux de la période la plus récente. Toutefois, de nou­velles structures peuvent désormais être associées à cette phase plus ancienne qui correspond à celle des chanoines du Saint-Sépulcre. L’aménagement le plus ancien en chronologie relative reste, cette année encore, un fossé segmentaire creusé dans le rocher. Son comblement, à la fin de la période médiévale, inclut de nombreuses scories, probables restes d’un premier atelier métallurgique associé au prieuré. Un premier bassin au sol dallé a également été décou­vert à l’intérieur d’un bâtiment tardif. Il devait, à l’origine, occuper une cour dont les limites ne sont pas encore connues. Son abandon, provoqué par la construction du nouveau logis, entraînera la création d’un monument comparable dans la nouvelle cour.

Plusieurs nouveaux murs ou vestiges de murs ont été également repérés, soit sous les sols des bâtiments tardifs, soit à l’exté-rieur même de la commanderie et appartiennent aux bâtiments du prieuré médiéval. Un mobilier plus nombreux a également été découvert cette année : associé à une céramique régionale on a ainsi pu mettre en évidence plusieurs pré­sences inédites, comme par exemple des fragments d’un pichet « aux oiseaux », production saintongeaise et une trompe d’appel en céramique orange, à l’origine glacurée. Ces pièces, découvertes dans un cloaque de latrines et la couche de comblement du bassin médiéval, datent du Moyen Âge final.

 

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Vue partielle de la fouille depuis le sud-ouest. Au premier plan : à gauche le puits, à droite le bassin de la phase tardive. Au centre, sous les niveaux d’occupation du bâti­ment : bassin médiéval. A l’arrière plan : la tour flanquant l’angle de la commanderie.

 

La poursuite des recherches devrait prendre la forme d’une fouille triannuelle dont l’objectif premier serait d’achever l’étude de la commanderie des hospita­liers et de poursuivre la reconnaissance des parties anciennes du prieuré du Saint-Sépulcre. Parallèlement, l’étude du bâtiment identifié dans le village comme étant la commanderie des XVIIe-XIXe s. sera entreprise, ainsi que la reprise globale du dossier historique associé à ces trois implantations religieuses.