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Saint-Jean-Ligoure - Châlucet

2004

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

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La campagne 2004 marque l'achèvement du second programme tri-annuel amorcé en 2002. La fouille, cette année, a porté sur les secteurs déjà ouverts, c'est à dire sur une superficie d'environ 1 600m2 cor­respondant à l'extrémité nord-ouest du castrum.

A l'extrémité nord de l'emprise castrale, les recon­naissances antérieures avaient démontré l'existence de structures arasées entre le bâtiment IV et le mur d'enceinte. La fouille de cette année a révélé toute la complexité de l'organisation stratigraphique de ce secteur. Bien que non exhaustive, la fouille permet maintenant de proposer un phasage de l'occupation qui devra être précisé.

L'organisation de ce secteur a été fortement conditionnée par la construction - en tout premier lieu mais à une époque encore difficile à définir avec précision - du bâtiment IV, maison à contreforts qui dut être d'une certaine importance dans le castrum. Des annexes ont ensuite été créées, puis réaménagées, à quelques mètres au nord (Bât VI et VII), dans la péri­phérie immédiate de la maison primitive. A une période encore indéterminée, mais probablement récente, le développement de ce secteur s'est trouvé contraint par la création de la muraille de clôture qui a nécessité la destruction partielle des édifices pré­existants et a entraîné un fort remblaiement de la périphérie du bâtiment IV et la constitution de la zone plane au nord-ouest du bas castrum. Leffondrement du bâtiment IV marque la fin de cette seconde phase de vie du secteur.

Des sondages ciblés permettraient peut-être de recueillir des informations complémentaires sur les hypothèses d'évolution et sur l'existence d'un premier mur de clôture (pressenti en 2003). Ils apporteraient probablement aussi des éléments d'appréciation de la chronologie absolue de ces différents aménage­ments.

Plus au sud, la fouille de l'espace compris entre les bâtiments I, III, V, et la courtine occidentale peut être considérée comme achevée. Les travaux de 2004 permettent ici de restituer l'évolution fonctionnelle de l'un de ces espaces intersticiels compris entre les demeures et l'enceinte, souvent caractérisés par leurs stratigraphies puissantes. Après l'édification de la muraille de clôture (MR 14), le remblaiement de la vaste excavation existante permit une organisation bipartite : d'une part, par l'aménagement d'un cloaque destiné au rejet et à la gestion des déchets générés par l'occupation des bâtiments dans la partie sud du secteur ; d'autre part, sur une utilisation domestique caractérisée par la multiplicité des foyers dans la partie nord.

Au sud (ensemble 3), l'opération avait un double objectif : la poursuite de la fouille de l'espace interne du bâtiment V et la reconnaissance générale de l'en­semble auquel il appartient. Ainsi, la fouille du bâtiment V a été poursuivie mais reste inachevée. La reconnaissance des abords a, en revanche, été menée suivant les protocoles initiaux. Le sondage mené au sud (secteur 36) a confirmé la présence d'une nouvelle construction se développant le long de la façade du bâtiment V, au sud. Un de ses accès a pu être repéré. Vers l'est, le décapage a été mené jusqu'à la voirie principale (secteur 38). Entre cette dernière zone et le bâtiment V, un nouvel édifice a été partiellement repéré. Le secteur 35, établi en contre­bas, ne constitue pas une construction unique accolée au pignon du bâtiment V mais semble n'être que l'une des pièces d'une construction plus vaste, de plan rectangulaire, se développant vers le sud.

C'est dans ce secteur qu'est apparu un nouvel exem­plaire de cave, très bien conservée (du moins pour sa partie souterraine), se développant sous le bâtiment V. Cette découverte porte à quatre le nombre de ces structures repérées à ce jour sur le site et dont - il convient d'insister - on ne soupçonnait aucunement l'existence avant 1998. Larchitecture est, par bien des caractéristiques, conforme à celles déjà étudiées : présence d'une entrée maçonnée, plan irrégulier conditionné par la dureté du substrat, volume interne malgré tout important.

Les recherches de terrain ont également porté en 2004 sur les secteurs en contact avec la principale voie de distribution de cette portion septentrionale du bas castrum et sur une artère secondaire. Ces recon­naissances, malheureusement non exhaustives, à la fois pour des raisons techniques et de conservation, ont toutefois permis de préciser l'agencement de la voie principale en deux endroits. Dans le secteur 38, un segment de la partie latérale de la chaussée a mis en évidence l'organisation de son pavement sur près de 8 m de long. Dans le secteur 41, ouvert à la suite de la détérioration du chemin par des engins méca­niques, le sondage montre une phase de reprise du revêtement pavé et témoigne ainsi de la longévité de l'utilisation de cette voirie et de son entretien. Il a éga­lement permis la découverte d'une nouvelle maçonnerie contre laquelle s'appuyait la chaussée médiévale. Ce mur correspond à la face occidentale d'un bâtiment dont des travaux de stabilisation menés hâtivement en 1998 avaient noyé les contreforts de l'angle nord-est et dont on peut à présent esquisser le plan général.

 

 

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Vue partielle du pavement d'une ruelle secondaire distribuant plusieurs ensembles de bâtiments (à droite) ; Au fond, la voirie principale et sa calade (mire : 1 m) 

 

Enfin, les travaux de l'Equipe de Recherches Archéologiques de Châlucet ont également porté, en 2004 sur la poursuite d'un certain nombre d'enquêtes en cours ou de travaux parallèles. Parmi celles direc­tement liées au terrain on mentionnera l'analyse des données lapidaires concernant désormais plus de 400 pièces (J. Denis), les données monétaires (D. Dussot), le début d'une étude sur l'origine pétro­graphique et la provenance des matériaux de construction (D. Ballereau, N. Garaud) et l'approche micromorphologique et sédimentaire qui a été pour­suivie en particulier autour des questions posées par les sols construits ou les zones de combustion (P. Wuscher). L'étude des sources écrites a également pu être développée grâce à la découverte de nou­veaux documents inédits qui contribuent à éclairer le contexte général des implantations castrales de Châlucet. (Ch. Rémy).

Une campagne supplémentaire en 2005 sera au moins nécessaire afin d'achever les travaux de terrain sur les zones actuellement étudiées et de poursuivre les enquêtes en cours.