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 Soudaine-Lavinadière - Prieuré du Saint-Sépulcre de Lavinadière

2003

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

La fouille programmée 2003 s'inscrit dans le prolon­gement logique des recherches engagées sur ce site de prieuré depuis la réalisation d'une fouille d'urgen­ce menée par l'équipe actuelle en 1995. Cette première opération liée à la réalisation d'un drain périphérique à l'église avait permis, entre autres, de découvrir plusieurs pierres tombales, dont certaines portant l'insigne patriarcal de l'ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem et plusieurs segments incomplets de maçonneries se développant au nord de l'église (cf. BSR, 1995, p.15).

Depuis cette date, plusieurs recherches complémen­taires avaient été menées jusqu'à la présente campagne :

- recherches documentaires et analyse du bâti de l'église de Lavinadière devenue paroissiale après l'abandon et la destruction de celle de Soudaine (XVIlle et XIXe s.) ;

 

- topographiques et géophysiques en 1999 (Martinaud et Madani, Univ. Bordeaux) ;

 

- campagne de sondages complémentaires en 2000 (BSR, 2000, p. 23).

 

Ces deux dernières opérations confirment la conservation, partielle, de certains vestiges du prieuré du Saint-Sépulcre mentionné dans les textes depuis 1263 mais indiquent en même temps la possibilité d'une chronologie un peu plus ancienne pour une occupation repérée sur le site (C.14 =1000-120E cal.AD, ARC 2103).

 

La campagne de 2003 s'est donc organisée autour d'une partie des vestiges déjà repérés lors des interventions antérieures. Ainsi, on a procédé au décapa­ge d'une superficie d'environ 250 m2 le long du mur nord de l'église permettant de repérer d'assez nom­breuses structures composant cet habitat de chanoines.

soudainemoulin

moulin à bras médiéval

 

Plusieurs remarques préliminaires peuvent d'ores et déjà être effectuées :

 

- si une phase de récupération de matériaux a suivi l'abandon définitif de l'habitat et se traduit par une stratigraphie de destruction d'environ 1 m d'épais­seur, les vestiges des constructions sont conservés, parfois simplement sous la forme d'un négatif, le plus souvent sur plusieurs rangs de maçonnerie ;

 

- bien qu'il soit encore trop tôt pour situer en chrono­logie ces constructions, la fouille permet déjà de sérier plusieurs étapes d'édification et de remanie­ments ;

- enfin la fouille semble démontrer l'absence d'une organisation du prieuré autour d'une cour fermée ou d'un cloître, du moins en l'état de la fouille qui a porté sur les niveaux d'occupation du Moyen Âge final et du début de l'époque moderne.

Les vestiges en cours d'étude correspondent à plu­sieurs bâtiments se développant au nord de la travée orientale de l'église.

Un bâtiment assez vaste, mais non totalement déli­mité en 2003, est établi perpendiculairement au mur du sanctuaire (secteur 1). Il possède un foyer et une cheminée aménagés dans l'épaisseur de son mur ouest, complétés par un drain traversant le mur. A l'opposé, une porte a conservé quelques éléments des piédroits dont les angles sont marqués d'un tore et d'un cavet. Plusieurs claveaux intégrant le même type de moulure ont été également découverts à proximité de l'ouverture dans les remblais d'écroule­ment, ils correspondent au linteau en arc brisé de cette porte. Le sol du bâtiment, non encore totale­ment fouillé, a livré, vers le nord-ouest, un pavage de pierre en partie délimité par l'arase d'un muret inté­rieur, probable reliquat d'un refend interne au bâtiment. Les sols étudiés en 2003 confirment un fonctionnement de cette pièce à usage domestique jusqu'à l'abandon définitif du prieuré que les sources écrites fixeraient antérieurement au milieu du XVII' s. Un niveau médiéval, probablement contemporain de l'architecture, a cependant été entrevu en fin de cam­pagne au centre de ce bâtiment.

Les bases d'un petit édifice quadrangulaire (secteur 2) accolé à la travée de l'église et directement associé au sanctuaire par une porte aujourd'hui condamnée correspond à l'ancienne sacristie qui a fonctionné jusqu'au XIX' s., période où on la démoli­ra au profit de la construction absidiale actuelle située sur le pignon oriental de l'église.

Dans cette zone (secteur 2 et 6), plusieurs aménage­ments d'un état antérieur ont été repérés : vaste fosse sous l'édicule (secteur 2), mur en pierre de taille dans le secteur 6. Faute d'éléments chronologiques, une datation C14 sera engagée sur ces vestiges les plus anciens de la fouille.

Vers l'ouest, à l'extérieur du bâtiment principal, d'autres vestiges ont été repérés. On attendra l'ex­tension de la fouille pour en préciser la fonction, mais on peut déjà remarquer la présence d'un puits maçonné (S.7), l'entrée d'un nouveau bâtiment situé au nord-ouest de la zone décapée et plusieurs amé­nagements de la cour du prieuré.

On notera enfin la découverte, sur le dernier sol d'oc­cupation de cette cour, d'un moulin à bras complet en granite abandonné dans une position insolite : la partie active était déposée sur sa partie dormante, cette dernière étant retournée contre le sol.