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Saint-Jean-Ligoure - Bas castrum de Châlucet

2002

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

Chalucet2002-02

 

 

Cette première campagne d'un nouveau programme triannuel a essentiellement porté, d'une part sur l'achè­vement de la fouille d'un certain nombre de secteurs engagée les années précédentes, d'autre part sur l'ex­tension des zones étudiées autour des zones déjà ouvertes les années précédentes. Ainsi, l'opération de 2002 a permis d'étendre l'exploration vers l'angle nord-ouest de l'enceinte et, vers le sud, s'est attachée à relier le corps de bâtiments II et III à la maison-tour située sur au sud-ouest (bâtiment I).

Au nord, la fouille a concerné un vaste secteur compris entre le bâtiment à contreforts (IV) et la courtine. Initialement cette zone se caractérisait par l'absence de couches d'écroulement et donc une topographie régulière et horizontale. La mise en évidence, en 2002, de constructions sur pans de bois autour du bâtiment IV impliquait une approche progressive du décapage dans ce secteur afin de repérer d'éventuels édifices conçus suivant le même principe. Limitée, pour cette première campagne, à la bande de 100 m2 située le long de la courtine occidentale, la fouille a révélé des couches empierrées pouvant correspondre à des sols aménagés. Un muret, en bord de fouille à l'est, en constitue une probable limite. Partiellement dégagé en 2002, il convient d'attendre la poursuite de la fouille pour fixer la fonction de cette construction.

 

Chalucet2002-03

 

Sous ces remblais, utilisés pour constituer en quelque sorte des niveaux de cour au nord-ouest du bâtiment IV, un sondage profond établi contre le parement interne de la muraille d'enceinte, au niveau d'un léger changement d'orientation du tracé de celle-ci a permis de repérer les vestiges d'un mur d'une largeur compa­rable à l'enceinte (1,40 m) et chaîné à cette dernière.

Ce mur de direction ouest-est a fait l'objet d'une récu­pération ancienne, avant d'être recouvert par le remblai de cour. L'examen de ce reliquat de mur et de ses associations avec le mur d'enceinte montre, qu'initiale­ment, un édifice de plan quadrangulaire occupait cet emplacement. Ce n'est que dans un second temps, probablement au moment de l'extension de l'enceinte, que l'on a englobé les murs ouest et nord de cette construction dans le tracé de celle-ci. Devenus inutiles, les deux autres murs de l'édifice ont été démantelés puis recouverts par des apports massifs de terre afin de constituer les niveaux de cour entre le bâtiment IV et la fortification villageoise.

L'étude des abords du bâtiment à contreforts (IV) a également été poursuivie au nord, à l'ouest et au sud de celui-ci. Plusieurs aménagements ont ainsi pu être étudiés et témoignent, soit d'aménagements de sols de circulation autour de l'édifice, soit de constructions associées et appuyées à ce dernier. C'est par exemple le cas d'un édicule situé vers le sud-ouest identifié comme étant un cloaque de latrines d'étage révélées, l'an passé, grâce à l'étude de la répartition du lapidaire.

Au sein de l'ensemble bâti déterminé par le bâtiment IV ses annexes et les murs qui en marquent la limite, a également été achevée la fouille de la cave 2, située au sud-est du bâtiment. Un important mobilier céramique et osseux a été récolté, il correspond à l'abandon de cette structure de stockage, utilisée comme simple dépotoir. On notera toutefois la découverte d'une petite "fosse-silo" aménagée dans le sol de la cave.

Au centre de la zone étudiée, l'espace interne du bâti­ment III a été complètement fouillé. L'organisation complète de ce rez-de-chaussée à fonction domestique est donc désormais acquise. La fouille 2002 a ainsi révélé de nouvelles zones de combustion et l'aménage­ment d'une banquette rocheuse destinée à servir de siège près de l'unique foyer construit découvert dans ce secteur. La fouille de l'entremis situé immédiatement au nord de ce bâtiment résidentiel a livré la fin d'une couche dépotoir contenant d'assez nombreux témoins matériels parmi lesquels une chape émaillée de boucle de ceintu­re (X111-XlVe s.).

Au sud du bâtiment III, cinq nouveaux édifices ou espaces bâtis ont été mis partiellement au jour. Située immédiate­

ment dans le prolongement de cette dernière maison, une cellule la complète, même si aucun passage n'existe entre ces deux parties d'édifice. Cette construction possède deux accès : l'un vers l'ouest qui distribue un espace mitoyen à l'en­ceinte ; l'autre vers l'est qui ouvre vers un ensemble complexe d'espaces construits de plus petite dimension. L'un d'eux possède deux caractéristiques inédites jusqu'ici sur le site : un escalier d'étage et une alcôve murale intégrant un évier monolithe que la prochaine campagne s'attachera à étudier.

Enfin, l'accès à la troisième des caves jusqu'ici repérées sur le site a été dégagé. Il présente une organisation très proche de la structure voisine (cave 1, sous le bâtiment Il) : un escalier droit et une trémie sont directement creusés dans le rocher, ils donnent sur un passage voûté dont les parois ont été doublées de maçonneries et intè­grent une porte. La stratigraphie associée à cet édifice souterrain témoigne d'un effondrement ancien de toute la partie d'accès et, par conséquent de l'abandon rapide de la cave, peut-être au cours même de l'occupation du site.

La campagne 2002 a également vu la poursuite d'un certain nombre d'études parallèles : étude de la réparti­tion des éléments lapidaires, du mobilier céramique et des éléments de verrerie, nettoyage conservatoire d'un corpus de plus de 150 objets en fer et en alliage cuivreux. Par ailleurs une première série d'analyses micromorpho-logiques a été menée sur le site. La fouille 2003 devra permettre de poursuivre l'exploration de terrain des sec­teurs partiellement étudiés en 2002, ainsi que les analyses en cours.