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Pageas - Le Bois Pargas

2001

Préhistoire

Thomas PERRIN

 

 

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 Plan général de la fouille

 

Le sondage archéologique du site du Bois Pargas a été réalisé à la suite de la destruction partielle du gisement lors de la tempête de la fin de l'année 1999. Afin d'estimer l'impact de cette tempête sur les sites archéologiques, plusieurs membres de l'association ArchéA ont alors procédé à des vérifications de terrain. C'est ainsi que, dans la terre d'une souche de châtaigner renversée, quelques artefacts ont été trouvés, dont plusieurs fragments de poignards en silex pressignien (Turonien supérieur).

Le gisement, à ce moment-là, se caractérisait princi­palement par un tas d'épierrement moderne, situé en bordure d'un vaste plateau dominant. Le substrat de ce dernier est composé de gneiss schisteux à biotite, parfois affleurant, et, comme l'a révélé le sondage, de filons de leptynites massives à grains moyens et biotite, inclus dans le socle gneissique.

Le sondage s'est déroulé selon trois secteurs dis­tincts. Malgré l'absence d'ossements, le site peut être compris comme une sépulture, monumentale de par sa localisation et son mobilier. Elle se caractérise par une fosse subrectangulaire, à moitié détruite par l'ar­rachement de la souche. Cette fosse vient s'appuyer contre une grande dalle de gneiss oblique et affleu­rante, qui confère à l'ensemble un aspect remarquable. La sépulture a livré un ensemble de six poignards en silex taillés de plus de 20 cm de lon­gueur (Turonien supérieur de Touraine et Sénonien d'Aquitaine ou de Charente). Ces pièces sont remar­quablement bien conservées : des patines différentielles témoignent de la présence d'un emmanchement et les microtraces d'utilisation sont particulièrement bien conservées (découpe de végé­taux siliceux). La fosse sépulcrale a également livré trois pointes de flèches à pédoncule et ailerons de la fin du Néolithique, plusieurs outils en silex d'origines diverses, une douzaine de perles discoïdes plates en lignite compacte (ou jayet) ainsi que plusieurs frag­ments de céramiques. Ces tessons sont généralement de petites tailles, et aucune forme complète n'est reconstituable, si ce n'est un départ de fond aplati. Si le fait sépulcral constitue la princi­pale occupation connue du site, d'autres indices (dont au moins un trou de poteau) montre que l'occu­pation de plateau fut plus étendue et plus complexe.

 

 

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Poignards du Néolithique Final

 

La présence de silex du Grand-Pressigny, et notam­ment celle des poignards, indique que le site peut probablement être daté entre 2870 et 2340 av. J.-C. L'absence de données typologiques dans la céra­mique et surtout de datations radiocarbones nous empêche, pour l'instant, de dater plus précisément le gisement.

Si nous n'avons pas d'information quant au(x) défunt(s) lui-même, le mobilier archéologique traduit un statut particulier au sein d'une société structurée. II montre de plus l'insertion du gisement au sein de réseaux d'échanges à longue distance, traduisant par là une occupation marquée et durable du territoire à cette époque. Cela est d'ailleurs confirmé par les nombreux indices de sites du Néolithique final déjà identifiés dans les monts de Châlus.