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Aix - Le Grandcher

1997

Moyen Age et Moderne

Patrice CONTE

 

 

 

 

Première campagne d’un nouveau programme bisannuel faisant suite à un précédent programme (1994-1996), l’opération de 1997 menée sur ce site d’habitat médiéval déserté a porté d’une part sur l’aire principale d’habitat, d’autre part sur un ensemble de structures isolées établies à une centaine de mètres, sur le versant opposé du vallon, au nord.

Pour ce qui concerne l’habitat principal, l’effort a porté sur les abords des bâtiments résidentiels et d’exploitation fouillés lors des précédentes campagnes et sur plusieurs vastes anomalies de terrain situées au sud-est de la partie centrale de l’habitat.

 

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La fouille des secteurs externes aux bâtiments a permis de préciser le mode d’organisation de l’habitat en montrant qu’un espace large d’environ 3 mètres avait été préservé afin de servir de zone de circulation entre les deux corps principaux de bâtiments, le four et les annexes situées au sud-est. [ensemble ainsi constitué était délimité à l’ouest et au sud par une clôture à laquelle était associée un mur rudimentaire. On notera que ces espaces de circulation ont dû être régulièrement entretenus comme le laisse penser la rareté du mobilier archéologique découvert.

Deux nouvelles fosses-silos ont également été étudiées cette année, elles complètent la série de 7 structures de ce type que l’on peut rattacher, au moins pour plusieurs d’entre elles, à la première phase d’occupation médiévale du site.

Les décapages ou sondages réalisés au sud-ouest n’ont pas livré de traces de bâtiments. Ils révèlent en revanche l’existence de zones aménagées et de structures diverses sol rocheux nivelé, bordé par des murets plus ou moins organisés séparant les espaces entre eux, accumulations de pierres et de terre... l'ensemble de ces vestiges évoque la présence de plusieurs annexes dans ce secteur jardin, enclos, pacage de proximité. A quelques dizaines de mètres plus au sud, un tertre allongé d’une douzaine de mètres de long a fait l’objet d’une reconnaissance ponctuelle. On reste réservé quant à sa fonction, mais le sondage réalisé permet de penser qu’il s’agit probablement d’un simple tas d’épierrement (ou d’attente pour une construction ?). Les témoins céramiques recueillis, au cœur du monument, suggèrent en tous cas, un aménagement médiéval, contemporain de l’habitat.

 

1997-grandcher

 

Enfin, une première série de datations dendrochronologiques (B. Szepertyski) a complété, cette année, les datations déjà obtenues par mesure 140 en montrant le caractère tardif (fin XIVe s.- XVe s.) de l’un des deux corps de bâtiment de l’aire principale. Les analyses de macro-restes végétaux et de coprolithes (A. Bouchette) viennent également apporter de nouvelles informations sur l’environnement du site, en particulier sur les problèmes de stabulation, de fourrage et de culture de certaines céréales.

De l’autre côté du vallon, la fouille partielle d’une vaste structure a permis de mettre au jour une grande partie d’un nouveau bâtiment de 26 m. de long sur 11 m. de large. Cet édifice représente un cas unique de plan ni entièrement quadrangulaire, ni véritablement absidial puisque le mur pignon dégagé lors de la présente campagne affecte un tracé courbe entre deux murs gouttereaux linéaires. Ce long bâtiment paraît succéder à un premier édifice, de taille inférieure semble-t-il, dont un seul mur a été pour l’instant repéré.

Les traces d’occupation sont extrêmement ténues et le mobilier archéologique rare, mais les quelques tessons découverts sous les effondrements des murs permettent toutefois d’émettre l’hypothèse d’une création synchrone au site principal, probablement dans la dernière phase d’occupation de celui-ci, vers l’extrême fin du XIVe s. ou au cours du XVe s. Il est en revanche probable que ce bâtiment d’exploitation agricole (grange-étable ?) ait été réutilisé au cours des XVI - XVIIe s., après l’abandon définitif de l’habitat, au profit du hameau actuel du Grandcher, situé quelques centaines de mètres plus à l’est. Dans le même secteur, plusieurs autres structures fossilisées ont été identifiées chemin, limite parcellaires, fossé...