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Limoges - Rue Vigne de Fer

1997

Moyen Age

Bernard POUSTHOMIS, Jean-Claude GRANY

 

 

 

Le Crédit Immobilier du Limousin envisageant la démolition d’un ensemble de bâtiments situés à l’angle de la rue Vigne-de-Fer et de la place du Poids-Public (parcelles 409, 410, 411 et 414), le service régional de l’archéologie a prescrit l’étude préalable de l’un des deux réseaux de caves situés sous ces immeubles (parcelle 414).

 

PlacePP

 

Ce réseau, creusé dans un terrain gneissique, est constitué de deux étages orientés nord-sud (L = 19 m ; l = 8 m, H 1er niveau = 4,25 m ; H 2ème niveau = 3 m). La construction emploie largement des blocs éclatés de schiste, et à un degré moindre de granite, pour constituer des maçonneries en appareil irrégulier. Le schiste seul est mis en oeuvre pour les voûtes et les arcs de décharge, en dalles disposées de chant. Les piliers, une colonne et certains chaînages utilisent exclusivement le granite taillé.

L’analyse du bâti a permis d’établir une chronologie de l’édifice que trois sondages archéologiques viennent préciser. Mail il faut avouer notre ignorance quant à la datation précise des diverses phases de la construction.

Les données sur les premiers temps de l’édifice et son occupation sont lacunaires. Une simple tête de mur au niveau inférieur illustre la phase la plus ancienne connue, qu’aucun élément archéologique ne permet de dater. La mise en place du plan général actuel s’effectue dans les limites du parcellaire ancien (antérieur à l’incendie de 1790 qui a entraîné le remodelage du quartier). Les élévations ont été reconnues avec la construction des parois périmètriques, sur arcs de décharge au niveau inférieur et en murs pleins au niveau supérieur. Les deux étages de cave sont alors divisés par un plancher portant sur des corbeaux. Du côté de la place du Poids-Public, au 2ème sous-sol, deux passages sont aménagés, probablement pour conduire à des caves adjacentes, sous la rue. Le 1er sous-sol prenait le jour par un soupirail, au nord. Un escalier sur arc rampant est assez rapidement rapporté contre la paroi est. Mais l’on ne peut situer plus précisément qu’au Bas Moyen Age ou à l’époque moderne ces aménagements. En effet, une importante campagne de travaux, au XVIe ou   paraît avoir détruit les sols anciens du niveau inférieur par un sur-creusement du substrat.

 

CavePP

 

Ces travaux sont marqués par le voûtement des caves, en berceau au 1er niveau et en voûtes d’arêtes au second, et la construction d’un escalier au sud. La qualité des aménagements, l’ampleur donnée à l’escalier et le soin apporté à la taille des nouveaux supports traduisent une volonté ostentatoire. On peut supposer que désormais ces caves ne sont plus de simples locaux utilitaires mais sont destinés à être vus. Elles ouvraient à la fois sur la place du Poids du Roi - au moins pour l’éclairage - et à l’arrière sur un passage communicant avec la rue Vigne-de-Fer. Il n’est pas exclu que le niveau inférieur ait été relié à d’autres caves, à l’ouest et au nord. Le mobilier archéologique, trop rare, relatif à cette phase tend à une fourchette chronologique du XVIe ou XVIIe s. pour ces transformations. La taille des moellons, le style des piliers du grand escalier sud et la monumentalité de ce même escalier ne démentent pas cette datation. Durant cette période et suivant le même style, une série de piles carrées montant de fond est rapportée pour supporter une charge nouvelle située au rez-de-chaussée. Les lieux semblent exploités en l’état jusqu’à la fin du XVIIIe s., après quoi les caves sont progressivement transformées en débarras ou en réserve à charbon jusqu’à devenir, aujourd’hui, un dépotoir.

Les vastes proportions et la qualité du bâti ne peuvent être liées à un simple usage de remise. Il faut probablement y voir un espace lié à la vocation commerciale du quartier, connue dès le XIIe ou le XIIIe s. L'aspect ostentatoire de l’édifice, marqué au XVIe ou au XVIIe s. par le voûtement et la construction d’un escalier monumental, accroît à cette période l’idée de volumes faits pour être visités. Malheureusement, on ignore à peu près tout du bâtiment qui surmontait ces caves. Il appartenait à un aubergiste lors de sa destruction en 1790, dans l’incendie qui a ravagé près du tiers de la ville, et était composé d’un rez-de-chaussée et de deux étages sous grenier.