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Saint-Léonard-de-Noblat - Rue Salengro

1997

Moyen Age et Moderne

Patrice CONTE

 

 

 

 

En 1996, une première opération de sauvetage urgent avait porté sur une partie de la place de la collégiale (Ouest de l’édifice) et les parties des rues D. Lamazière et R. Salengro donnant sur cette place. La fouille avait ici révélé un ensemble inédit d’aménagements médiévaux (nécropole, aqueduc, niveaux de voirie, maçonneries... (cf. Bilan Scientifique 1996, p.45-46).

L’achèvement des travaux de la nouvelle bibliothèque, en 1997, a permis de prolonger les investigations sous forme d’une évaluation du potentiel archéologique de ce quartier de la ville médiévale. La reconnaissance a été limitée, pour l’instant, à l’emprise de la rue Salengro dont le revêtement devait être remanié.

L’un des objectifs de cette opération, au-delà d’une meilleure gestion du patrimoine archéologique voulue conjointement par la municipalité de Saint-Léonard-de-Noblat et le Service régional de l’Archéologie, était de vérifier l’éventuelle continuité et, si possible, d’identifier les vestiges d’une imposante maçonnerie d’environ 2 m. de large dont un segment avait été repéré en 1996 sur une longueur de 5 m. En effet, si le secteur est connu pour avoir accueilli vers l’est des bâtiments conventuels et, plus près (Place D.-Dussoubs), les anciennes chapelles Saint-Michel et Saint-Jérôme ainsi que certains bâtiments de la confrérie des Pénitents Bleus, le mur découvert se situerait hors de l’extension présumée de ces différents édifices.

La fouille menée en 1997 sous l’emprise de la voirie actuelle sur une longueur de 26 m pour une largeur moyenne de 2,5 m a permis de confirmer le développement vers le sud du mur sur une longueur totale de 16 m. Après un changement de direction vers l’Est, un mur de module comparable a été partiellement dégagé sur 10 m de long, encore une fois sous l’emprise de l’actuelle rue Salengro, face à l’ancien couvent des Filles-Notre-Dame. Malgré le passage de nombreuses conduites enterrées qui ont perturbé la stratigraphie du secteur, un retour d’angle de ce second mur suggère désormais l’existence d’un vaste bâtiment dont seraient conservés au moins deux côtés. Un essai de restitution permet d’évoquer un édifice de plan quadrangulaire (quadrilatère irrégulier) d’une superficie totale d’environ 160 m2(superficie interne évaluée autour de 90 m2).

La fonction et l’origine de cette vaste bâtisse restent encore incertaines. En effet, les stratigraphies perturbées de ce secteur ne permettent pas encore de proposer une datation pour cette construction dont l’espace interne et deux murs sont encore méconnus. De plus, les données écrites aujourd’hui disponibles ne semblent pas mentionner l’existence d’un monument de cette importance dans ce secteur de la ville. En revanche, la présence, attestée par plusieurs mentions, du castrum de l’évêque aux abords méridionaux de la collégiale amène à se demander si le bâtiment découvert, dont le plan évoque celui d’une ‘tour-salle", ne pourrait en constituer l’un des éléments fortifié. La question reste donc entière pour l’instant et repose à la fois sur un examen approfondi des sources écrites ou dessinées disponibles et sur la poursuite des recherches de terrain.

Les recherches ont également permis de repérer une nouvelle sépulture médiévale, juste devant l’angle du bâtiment dans un secteur où jusqu’ici aucune nécropole n’était attestée ainsi que plusieurs niveaux de voirie que l’on situe entre le Moyen Age et la période moderne. Pour cette dernière période (XVl~XVlle s.), la découverte de fragments de creusets, scories, fragments de petits objets sont autant d’indices de la proximité d’un artisanat de métallurgie du cuivre déjà attesté à Saint-Léonard par les textes de la fin du Moyen Age. Enfin, on notera la découverte d’un nouveau mur, appuyé sur les précédents mais interrompant cette fois-ci des niveaux médiévaux plus anciens contenant deux foyers en limite de fouille.

 

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Vue plongeante des vestiges découverts sous la rue Salengro. Les murs épais appartiennent au bâtiment quadrangulaire (le retour se situe sous la canalisation). A l’angle extérieur du mur, le sondage ayant livré une sépulture.

 

La poursuite des sondages de reconnaissance, voire une extension des fouilles sont envisagées en fonction des projets d’aménagements qui devraient toucher ce secteur urbain.