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Les Cars - Le château

1996

Moyen Age et Renaissance

Michel DESGRANGES

 

 

 

 

Situé à 25 km au sud-ouest de Limoges, le château des Cars a fait l’objet de deux précédentes campagnes de fouilles sur la partie ouest de l’édifice (voir Bilan Scientifique 1994, 1995, p.41-42). La présente intervention, en amont de travaux de traitement et de nettoyage des ruines, a concerné deux secteurs distincts.

Latrine de la tour sud-est - Le conduit, grossièrement rectangulaire (1,70 x 1 m) est conservé jusqu’à mi-hauteur du premier étage, soit sur 3,80 m. L’enlèvement des remblais stériles, non caractéristiques d’une phase d’utilisation, a permis de mettre en évidence le fond de la latrine, maçonné en entonnoir vers une ouverture d’évacuation donnant sur le fossé, actuellement comblé à cet endroit. Il semble que la latrine ait été soigneusement curée à intervalles réguliers.

Flanc sud du château - L'intervention consistait au départ en une simple reconnaissance des structures et des niveaux du fossé sud. La découverte d’une tourelle associée au mur des fausses-braies a entraîné l’extension de la fouille. On a pu mettre en évidence, du nord (courtine dédoublée) vers le sud (contrescarpe) :

    • l’escarpe rocheuse marquant l’extrémité de la plate-forme sur laquelle est installé le château, ainsi que le versant nord du fossé

    • le mur des fausses-braies, fondé au bas de l’escarpe rocheuse;

    • un caniveau couvert de fortes dalles en bâtière, aménagé dans une tranchée, elle-même creusée dans le substrat ou posée sur des remblais préalablement décaissés et préparés. Ce caniveau assez soigneusement construit se termine dans le mur des fausses-braies par un exutoire au niveau duquel est perceptible une reprise dans la maçonnerie

    • une tourelle subcirculaire (diamètre interne 2,40 à2,80 m) largement arasée. Sa mise au jour constitue l’acquis principal de la fouille, puisque nul indice de son existence n’avait été jusqu’à présent relevé. Il s’agit sans doute d’une caponnière, ouverte à la gorge et posée au fond du fossé, alors à sec. Son accès, côté escarpe, a été muré. Trois couleuvrinières, dont deux sont encore équipées de leur fente de visée cruciforme à demi-croisillon, permettent de battre le fond du fossé

    • un mur parallèle aux fausses-braies, équipé d’une avancée formant balcon, qui a cassé l’avant de la tourelle;

    • deux murets grossièrement talutés et associés à diverses structures excavées, destinés à aménager deux petites terrasses courant de chaque côté du fossé, alors mis en eau.

Sous réserve d’une analyse plus approfondie, on propose pour ces structures la chronologie suivante au Moyen-Age (XlVe-XVe s.) est érigée la première courtine ; postérieurement, dans une phase de forts remaniements de l’édifice, on construit une seconde courtine doublant la première à l’extérieur lors des guerres de religion, sont construits le mur des fausses-braies et la tourelle-caponnière. Les liaisons entre les murs de ces deux structures, complexes et ambiguës, militaient a priori pour une antériorité de la tourelle, attribuée dans un premier temps à la fin du Moyen-Age. La poursuite de la fouille entre escarpe et fausse-braie et l’observation du revers de cette dernière montre que les deux constructions sont en fait contemporaines. Par ailleurs, le diamètre des pertuis de tir (6 cm) ne permet pas de situer avant 1540 la construction de la tourelle. Enfin, au XVIIIe siècle, on aménage un système de terrasses par construction d’une nouvelle fausse-braie parachevant la destruction de la tourelle, surhaussement des anciennes fausses-braies et construction des murets talutés dans le fossé qui devient alors une douve.

Le caniveau s’insère entre les phases c et d, ainsi que semble l’attester une première analyse du mobilier et la reprise dans le mur des fausses-braies. Une conservation assez faible des niveaux anciens caractérise une fois de plus la stratigraphie, où prédominent les niveaux de l’époque moderne, voire du XVIIe siècle. Mais à l’intérieur de la tourelle ont subsisté des niveaux plus anciens, qui ont livré, fait nouveau sur le site, du matériel médiéval et du XVIIe siècle.

La fouille a permis de documenter le flanc sud du château où les structures découvertes s’inscrivent correctement dans les chronologies relatives élaborées précédemment. La caponnière, découverte importante, constitue un jalon intéressant pour la connaissance des architectures militaires du site.