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Valliergues - Lièras

1992

Moyen Age

Patrice CONTE et Thomas PERRIN

 

 



L'opération de sondage réalisée sur le site des "Cabanes de Liéras" s'intègre au programme de prospection thématique sur les villages désertés en Corrèze. Ce sondage participe également aux recherches réalisées de 1986 à 1991 sur le hameau médiéval déserté du "Bois des Brigands" dont il n'est distant que de 200 m.

Site partiellement fouillé par M. Vazeilles en 1957, les « Cabanes de Lièras » avaient livré un abondant matériel métallique et des vestiges de constructions maçonnées.

Le premier apport du sondage effectué en 1992 a donc été de compléter et de réactualiser le premier schéma d'organisation de cet habitat en faisant apparaître une structuration du bâtiment en quatre cellules disposées en ligne. Celles-ci forment un ensemble d'environ 25m de long sur 6m de large, aménagé presque totalement à "contre-talus" , dans la partie supérieure d'un léger versant orienté au sud-est.

Si les fouilles anciennes nous privent d'une stratigraphie cohérente sur une bonne partie du bâtiment, en revanche, l'étude des structures maçonnées ou creusées et les lambeaux de remplissages conservés permet de restituer deux types de constructions, en deux états chronologiques.

Le premier semble correspondre à deux constructions jointives d'environ 25m² chacune. Leur architecture repose sur l'utilisation de poteaux porteurs soutenant la (ou les) charpente(s) et, notamment dans le cas de la pièce la plus méridionale, sur le surcreusement partiel du substrat permettant, d'une part, la réalisation d'un sol d'occupation plan et, d'autre part, l'aménagement de banquettes rocheuses destinées à supporter les murets d'enceinte. Ces derniers ont joué un rôle de remplissage ou de sablière basse et non un rôle de mur porteur comme en témoignent leur parement unique et leur structure générale. On retrouve le même mode de construction dans la cellule suivante, qui est par ailleurs équipée de deux fosses : l'une peu profonde et de grande surface, l'autre de plan circulaire et de profil tronconique.

Toutefois, l'architecture de cette pièce n'est que partiellement connue puisqu'elle a été en grande partie fossilisée ou détruite par la construction d'une nouvelle cellule de plan grossièrement rectangulaire équipée de murs à double parement et d'un foyer ouvert construit. Cette pièce est mitoyenne de la dernière construction qui présente les mêmes caractéristiques architecturales sur un plan trapézoïdal. Ces deux derniers aménagements constituent le complément du deuxième état architectural.

Si les constructions méridionales sur poteaux porteurs apparaissent chronologiquement les plus anciennes, la mise en place des deux pièces de l'état 2 ne semble pas les avoir remplacées, mais plutôt complétées. L'étude des indices stratigraphiques et mobiliers ne révèlent, pour l'instant, aucune discontinuité dans l'occupation du site au cours d'une période comparable avec l'occupation du proche village du "Bois des Brigands", dans une fourchette chronologique allant du XIIIe au XVe s.

La stratigraphie actuelle permet de confirmer les données des fouilles de M. Vazeilles sur la présence d'éléments en terre crue - ce qui est d'ailleurs compatible avec les données architecturales des structures de l'état 1- et sur un abandon lié à un incendie.

Le mobilier, composé de fragments de panses de marmite, de fusaïoles et d'objets métalliques (clé, anneaux...), complète les données sur l'occupation de ce site isolé du groupe principal d'habitat représenté par le hameau du "Bois des Brigands".

 

lieras

Le secteur 2 en cours de fouille. Au centre, le foyer (mire = 1 m)